Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /Nov /2008 23:28

Robert Boutin s’est éteint le 28 octobre dernier à l’âge de 70 ans. Pour Plein Air Coaticook, un géant est mort. Pour bien d’autres aussi à voir l’église St-Edmond littéralement assaillie à  ses funérailles samedi dernier.

Robert que la maladie qui porte le nom de son métier a finalement emporté n’était pas un « fermier » ordinaire. Il se balançait pas mal des qu’en dira-t-on, des titres, des honneurs et des impératifs de production. Robert était avant tout un homme des bois et de nature, heureux au grand air, rêveur et passionné, fidèle et déterminé, travailleur acharné, infatigable coureur des forêts. Ce n’était pas vraiment un bûcheron, non plus que seulement un vacher, ou autrement un « sucrier ». Il était tout cela et rien de cela. Robert était un homme de la terre, dans le sens le plus noble du mot, plus grand que nature … un géant.

C’est lui qui, il y a plus de 30 ans, a sillonné sa terre de sentiers de ski de fond, a obtenu des droits de passage de ses voisins et a entretenu des kilomètres et des kilomètres, seul, sans un sou. Rien de cela n’était officiel, rien de cela n’était subventionné mais tout cela était ouvert à qui voulait profiter de ce paradis terrestre qu’il avait bâti de ses mains et surtout de son cœur avec lequel il voyait encore, année après année, les horizons incomparables du rang 9.

Avec son compère le regretté Étienne Véronneau, il fallait le voir courir en skis le réseau qu’il avait lui-même déblayé de façon impeccable, avec son ski doo, quelques épinettes attachées en arrières et un traceur maison. Pour une de leurs enjambées on en faisait 10, inutile de penser à les suivre sans risquer l’apoplexie!

 

Non content de prêter son chalet, il convainquait les autres et pendant des années c’est aussi chez Rosaire Morin que nous allions prendre une pause, le feu fait, l’accueil parfait, juste pour le plaisir de partager la beauté. C’est à lui que nous devons aussi d’avoir pu profiter du site inégalable de Madame Thérèse Lavoie-Roux, de longer ses lacs, d’admirer ses bois impeccablement entretenus, d’emprunter ses descentes vertigineuses.

Bien d’autres ont donné de leur temps, sporadiquement. Mais sans ces 3 mousquetaires de la fin des années 70, Robert Boutin, Étienne Véronneau, Rosaire Morin, le ski de fond à Coaticook n’aurait jamais vu le jour. Sans la fidélité et les qualités de cœur de Robert qui bien que jouant un rôle plus effacé ces dernières années, encore il y a quelques mois, sans qu’on lui demande, passait 2 fois par jour inspecter notre accueil,  Plein Air Coaticook  n’existerait pas. Que pouvons-nous dire d’autre sinon merci!

Robert, nous espérons qu’il y a des érables et de la neige, là où tu vas. Robert, irremplaçable, courageux, généreux, sauvage, colérique et vrai, nous essaierons de continuer de regarder tes paysages, tes bois et tes congères avec ton regard mais rien ne saura plus jamais pareil dans le rang 9 … à  moins que tu y sois toujours, en esprit, histoire de vérifier tes tubulures.

Par pleinaircoaticook
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